Construire en terre crue à Bagneux

Performances environnementales

Le projet de logements en terre crue à Bagneux embrasse une approche durable, mettant en avant des performances environnementales tant au niveau du processus de construction, qu’au niveau du logement. À l’échelle du processus de construction, il se distingue par une approche bas carbone, privilégiant l’utilisation de la terre crue en tant que matériau biosourcé et recyclable.

Le processus de fabrication des briques débute avec l’extraction de la terre d’une carrière à 80 km de Paris, en Picardie par la briqueterie de Wulf. Cette dernière la transforme en usine, puis l’achemine sur le chantier. À la briqueterie les argiles et les sables sont mélangés à de l’eau pour atteindre un état plastique, puis extrudés de manière traditionnelle pour former les briques de terre. Ces briques subissent ensuite un séchage à l’air libre pendant quelques jours pour obtenir leur aspect final. Cette méthode de production, adaptée aussi bien aux chantiers de taille modeste qu’aux différents contextes économiques, souligne la rapidité et l’économie de cette approche.

L’entreprise les grands moyens adopte une pratique écologique en gérant les déchets du chantier de manière circulaire, les réacheminant intégralement vers la briqueterie, réduisant ainsi l’empreinte environnementale globale.

À l’échelle du logement, une conception traversante favorise une ventilation naturelle d’Ouest en Est, améliorant la qualité de l’environnement intérieur tout en réduisant la dépendance aux systèmes de ventilation mécanique. L’utilisation de la terre dans la construction offre des avantages thermiques significatifs grâce à son inertie thermique naturelle, régulant la température de manière efficace et réduisant ainsi les besoins en chauffage et en climatisation. La régulation hygrothermique, essentielle au projet, tire parti des propriétés de la terre crue pour maintenir un équilibre optimal d’humidité, améliorant le confort des occupants et minimisant la nécessité d’équipements de régulation de l’humidité.

Dans l’ensemble, le projet illustre une approche environnementale intégrant des pratiques responsables à chaque étape de la conception, de la construction et de l’utilisation des espaces résidentiels.

 

Économie locale des filières

L’économie locale est fortement encouragée à travers la filière de la brique en terre crue extrudée dans ce projet.

Pour la mise en œuvre des murs, nous avons choisis de travailler une jeune entreprise Les Grands Moyens, une SCOP (Société Coopérative et Participative), car ils sont basés à paris, engagés et souhaitons les encourager.

Les briques proviennent de la briqueterie De Wulf, une entreprise établie à Allonnes dans l’Oise, détenant le prestigieux label Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV) et opérant depuis plus d’un siècle selon des procédés traditionnels et simples.

La briqueterie De Wulf ne produit pas de briques de terre stabilisée ni de briques de terre compressée (BTC).

La mise en œuvre des briques de terre crue extrudée sur le chantier a généré très peu de déchets, les briques endommagées étant récupérées par la briqueterie pour être réintégrées dans le processus de fabrication.

 

Impact social

L’intégration de la terre dans ce projet représente un pas significatif vers la démocratisation de ce matériau, engendrant un impact social à plusieurs échelles. Tout d’abord, il a été essentiel de sensibiliser la Maîtrise d’ouvrage et la ZAC à propos de ce matériau, qui, en plus d’être économique par rapport au béton, n’est pas soumis à une réglementation stricte. Afin d’accompagner et de rassurer ces acteurs tout au long du projet, nous avons démontré que la construction en terre crue non stabilisée était non seulement possible, mais également cruciale dans le contexte architectural contemporain.

Par la suite, l’impact social s’est étendu à l’échelle du chantier, où l’ensemble des acteurs de divers corps de métier ont été sensibilisés à l’utilisation de ce matériau. En organisant régulièrement des visites sur le chantier, nous invitons tous acteurs de la construction, créant ainsi des occasions de partage pour discuter des contraintes que nous avons rencontrés pour arriver à ces objectifs. Notre objectif est de démontrer que c’est possible de construire en terre malgré les contraintes réglementaires actuelles.

Enfin, la décision stratégique de mettre la terre en façade, visible depuis la rue, revêt une dimension politique. Elle vise à démontrer aux non-initiés que la construction moderne peut être réalisée avec des matériaux vernaculaires. Nous avons constaté une réticence générale envers ce matériau, et nous aspirons à ce que les personnes se réconcilient avec cette ressource naturelle et abondante. Nous cherchons également à sensibiliser les utilisateurs afin qu’ils prennent conscience des nombreuses qualités de ce matériau et de son potentiel inexploré à travers des ateliers terre crue.

 

Valorisation des Savoir-Faire

Ce projet représente un défi majeur pour TOA, offrant une expérience enrichissante et mettant en lumière la valorisation des savoir-faire liés à l’utilisation de la terre crue. L’agence a adopté une approche innovante en adaptant ce matériau particulier dans un chantier de logements tout en répondant aux contraintes contemporaines.

Tout d’abord, cette expérience constitue un petit pas vers la réglementation de l’utilisation de la terre crue. Face à l’absence de Document Technique Unifié (DTU) pour la mise en œuvre des briques de terre crue, nous avons collaboré avec nos partenaires et experts du domaine dans une démarche d’expérimentation visant à contribuer à l’établissement de règles professionnelles futures. Des tests approfondis ont été effectués sur les briques, le mortier, les accessoires d’attaches, et les parois extérieures pour garantir la conservation des performances et la sécurité des personnes en cas de choc accidentel, illustrant ainsi notre approche innovante du chantier.

Les interactions entre l’entreprise de la terre avec d’autres lots sur le chantier a joué un rôle crucial dans cette démarche pédagogique, permettant aux différents corps de métier (plombiers, électriciens, etc.) de comprendre comment ils peuvent assembler leur ouvrage aux des murs en terre.

Le planning de l’OPC a été repensé pour s’adapter à ce matériau spécifique, représentant ainsi une approche novatrice dans la gestion de ce chantier dit « classique », notamment parce que la terre crue est un matériau sensible à l’eau et représente un élément de façade, qui est initialement censé représenter le hors d’eau.

Ce chantier a été une expérimentation et un challenge pour tous, OPC, architecte, BET, entreprises et maitre d’ouvrage. Nous avons voulu porter ce défi, et plusieurs surprises et contraintes se sont présentées à nous, apportant à tous un savoir pour leurs futurs projets. Notamment, 60% des maçons qui ont travaillé sur le chantier sont des femmes, marquant un changement significatif dans le secteur de la construction et contribuant à la féminisation du monde du BTP.

 

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Miriam Makeba – L’école en terre crue à Nanterre

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